Mantongouiné

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Interview de Mme DOHA sur l'association Mindo

QU'EST-IL DEVENU DE MINDO ?

Dans un des journaux de l'année dernière, un article s'exprimait sur cette association nommée Mindo. MINDO est une association créée en septembre 2014 pour promouvoir la coopération et les échanges entre Ivoiriens et Français, dans le cadre d’actions de solidarité éducatives en faveur des populations villageoises de Côte d'Ivoire et du village de Mantongouiné en particulier (il y a même eu des échanges avec les 5e C par lettres).

Le professeur Mme DOHA et ses élèves de 5°C (maintenant en 4ème) y ont participé pour créer une bibliothèque dans un village en Côte d' Ivoire. La seule bibliothèque présente dans le lycée de Danané a été pillée et non renouvelée. Cet été, la bibliothèque a été construite et elle permet aux enfants de se divertir avec des livres de leur âge et les dictionnaires apportés pour les classes permettent une meilleure maitrise de la langue française qui est la langue de l'apprentissage scolaire en Côte d' Ivoire.

Pour gagner de l'argent qui a permis de la construire, les 5°C ont vendu des petites brioches dans la cour de récréation. Mme DOHA est allée justement, cet été, apporter des livres et aider la construction de la bibliothèque qui est achevée. Mais qu'est devenu Mindo depuis la rentrée des classes ? Y-a t-il eu de nouveaux projets ? Et les Ivoiriens ont-ils répondu aux lettres?

LA SUITE DE MINDO :

Les Ivoiriens ont répondu aux lettres mais pour plus d'informations, nous avons interviewé Mme DOHA :

1/ Vous êtes allée en Côte d'Ivoire, comment trouvez-vous la bibliothèque une fois finie ?

La bibliothèque pourrait paraître de petite taille car elle fait 18 m2, cependant la dimension du projet est plus importante que cette superficie. En effet, les enfants de Mantongouiné n’ont pas accès à d’autres livres que leurs manuels scolaires car acheter un livre représente trop d’argent pour ces familles de cultivateurs, de plus, il n’existe pas de bibliothèque en fonctionnement à proximité du village. Leur donner la possibilité de lire gratuitement

des romans, des BD, des documentaires est un cadeau que parents et enfants ont reçu avec beaucoup de bonheur.

2/ Y a-t-il beaucoup de livres dans la nouvelle bibliothèque ? D'où venaient ces livres ?

Mindo a apporté 360 livres au village et une quinzaine de dictionnaires. Il s’agit pour la plupart de livres pour enfants que des donateurs français nous avaient remis : des particuliers mais aussi le collège Jean Zay qui a donné des revues comme « Je bouquine », ou « doc en images ». Nous avons aussi démarché les éditeurs de Côte d’Ivoire, qui nous ont donné des romans ivoiriens de littérature pour la jeunesse. Nous avons acheté également de nombreux contes et livres pour enfants auprès des éditions ivoiriennes afin que les enfants lisent des histoires inspirées de leur vie quotidienne, de leur culture.

3/ La bibliothèque a-t-elle eu du succès au village de Mantongouiné ?

Le fonctionnement de la bibliothèque n’est pas tout à fait celui que vous pouvez imaginer. Nos réalités sont différentes de celles du village. Un livre est un objet de valeur. Si le prêt était aussi ouvert qu’il l’est chez nous, les 360 livres auraient déjà disparu parce que les emprunteurs les auraient gardés. Par conséquent, les instituteurs sont responsables du prêt. Ils empruntent les livres pour une classe durant un moment très précis : une matinée par exemple. Ils récupèrent ensuite tous les livres pour les remettre en lieu sûr : dans la bibliothèque. C’est donc davantage un lieu de stockage qu’un lieu de lecture.

4/ Vos élèves de 5°C ont envoyé des lettres aux élèves du village de Mantongouiné, qu'ont-ils répondu ?

L’échange a duré une année. Ce serait difficile de résumer tout ce qui a été dit. Sur chaque continent, les jeunes ont appris à connaître les habitudes et la culture de l’autre. Ils ont évoqué leur école, leur alimentation, leurs peurs face aux événements qui ont touché chacun de leur pays.

5/ Savez-vous s'il y a de nouveaux projets pour MINDO ?

-Nous cherchons à mettre en place un nouveau projet. La correspondance continuera avec de nouveaux élèves dans un premier temps. Ensuite, nous aimerions financer l’inscription en 6è des élèves de CM2 ivoiriens. En effet, nous avons constaté que même si les enfants réussissaient leur concours d’entrée en 6è, souvent ils ne continuent pas leurs études car leurs parents ne peuvent pas financer les années de collège. Les collégiens ivoiriens sont souvent obligés de vivre chez un tuteur, loin de leur père et de leur mère, il faut donc payer un loyer, la nourriture quotidienne, l’uniforme, le matériel scolaire et l’inscription. En allégeant cette charge, nous pourrons peut-être encourager les enfants à faire de plus longues études pour aider leur famille et le village.

Voilà vous savez tout à présent sur MINDO ...

Longue vie à MINDO !

 

Mise à jour le Samedi, 19 Décembre 2015 12:28